La newsletter des stagiaires de l’ECA · N°1 · Novembre 2026
Édito
Bonjour à toutes et à tous,
Les combinaisons sèchent, les cordes sont rangées, et les chaussons ont enfin cessé de sentir… enfin, presque. Bref, la saison est finie. Mais le canyon, lui, ne s’arrête jamais vraiment : il hiberne, se refait une beauté à coups de crues, et nous attend sagement pour le printemps.
Pour patienter, voici le tout premier numéro du Kit, la newsletter de l’ECA ! Comme le sac qu’on ne lâche jamais en canyon, on y a mis tout ce qu’il faut pour tenir jusqu’au prochain stage. Débutant·es, stagiaires en perfectionnement ou canyoneur·ses aguerri·es, elle est pour vous, et elle reviendra chaque trimestre.
Le Kit, mode d’emploi. Chaque trimestre, vous y retrouverez les mêmes compartiments :
Le canyon du trimestreUn canyon à découvrir, avec sa fiche technique et ses petits pièges.
Canyon & environnementLa faune, la flore et les bons gestes pour garder nos rivières en forme.
Anecdote de stageUne histoire vécue en stage, drôle ou instructive (et bientôt, les vôtres).
Côté matérielUn équipement testé et approuvé par l’équipe… ou pas.
Les actus de l’ECALes dates de stages et de séjours, et les nouveautés de l’école.
Au fond du KitHoroscope, mots croisés, quiz… la petite surprise qu’on trouve tout au fond du Kit.
Et dans ce premier numéro ? On part dans le Chinaillon, notre canyon du trimestre. On fait connaissance avec une petite bête discrète qui n’a pas vraiment les pattes blanches. On revit une sortie qui prouve qu’avoir peur et avoir pied ne sont pas incompatibles. On découvre un sac à corde pour les dos fatigués, et la grosse nouveauté de l’école : l’application ECA. Sans oublier l’horoscope : douze signes, zéro fondement scientifique.
Cette newsletter est aussi la vôtre : envoyez-nous vos idées, vos photos, vos canyons préférés et vos anecdotes de stage sur le groupe WhatsApp ou à eca.canyoning@gmail.com. Les meilleures (et les plus inavouables) finiront peut-être dans le prochain numéro.
Bonne lecture, et à très vite au bord d’une vasque !
Coline, formatrice à l’ECA
Le canyon du trimestre
Le Chinaillon, Le Grand-Bornand (Aravis)
Juillet → septembreN2 pour l’intégraleN1 en démarrant après la C35
Pourquoi on l’aime : c’est le canyon de chez nous, au cœur des Aravis. On démarre fort avec les 35 m de la Cascade Mystérieuse, qu’on peut descendre hors d’eau ou dans l’actif, puis on enchaîne dans un calcaire aux plis superbes : toboggans, petits ressauts de 3 à 7 m et un saut possible dans la partie basse. On peut en faire une moitié ou les deux, selon le groupe.
Partie 1
La Matte → Pont des Romains
V4 A4 II
3 hde parcours
2 kmde long
160 mde dénivelé
35 mcascade max
Parkingamont (conseillé)
Accès0 min
Retoursortie aux échelles, puis 35 min
Partie 2
Pont des Romains → Rosay
V2 A3 II
2 hde parcours
1 kmde long
110 mde dénivelé
6 mcascade max
Parkingaval (conseillé)
Accès25 min à pied
Retour0 min : sortir avant la gare de la télécabine
Canyon intégralPartie 1 + Partie 2
Conseillé : prendre la télécabine, puis 40 min de marche d’approche (en descente). Sinon, 1 h 15 de marche depuis le parking aval.
Le point d’attention : l’eau coule toute l’année et le débit peut être fort en fin de fonte des neiges. Dans la partie haute, une échappatoire équipée d’échelles en rive gauche permet d’éviter une section chaotique (et looooongue) qui rejoint la partie basse.
Plan et fiche technique : panneau d’information du Grand-Bornand au départ du canyon.Coupe topo du canyon : mise en sécurité d’octobre 2021 à septembre 2022.
Anecdote de stage
Le Malin, ou l’art d’avoir pied
Avril 2025, stage Leader dans le Vercors. Il vient de tomber des trombes d’eau. Avec Marie, on hésite entre la Pissarde et le Malin. Verdict : ce sera le Malin, avec deux groupes de trois stagiaires.
Petit détail : je n’avais jamais fait le Malin. Et encore moins avec ce débit-là.
Une petite idée du débit
Première cascade. Ça gronde, ça mousse, ça ne ressemble à rien de connu. Dans ma tête, une seule pensée : « P…, on est dans la m… ! On va se noyer, c’est sûr. » Le premier stagiaire descend, disparaît dans l’écume, arrive dans la vasque… et se met debout. Il a pied.
Deuxième cascade. Même grondement, même pensée, même film catastrophe dans ma tête. Le stagiaire arrive en bas… et se relève tranquillement. Il a pied.
Troisième cascade. Vous avez compris le principe.
J’ai fini ce canyon vidée, épuisée d’avoir pris sur moi à chaque ressaut pour ne rien laisser paraître devant les stagiaires. Aujourd’hui, j’en rigole : on a passé la journée à se préparer au pire… dans des vasques où tout le monde avait pied.
La morale (la vraie) : on ne découvre pas un canyon pour la première fois en gros débit. Même quand tout se passe bien, on le paie en stress et en énergie.
Coline
À vous ! Un fou rire, une gamelle mémorable, une frayeur qui fait sourire aujourd’hui ? Envoyez-nous votre anecdote de stage sur le groupe WhatsApp ou à eca.canyoning@gmail.com : elle sera peut-être dans le prochain numéro.
Canyon & environnement
Montrer patte blanche
Pendant qu’on range les néoprènes, une petite voisine de nos rivières entame sa saison des amours. L’écrevisse à pattes blanches attend que l’eau passe sous les 10 °C pour s’accoupler, en octobre-novembre. Oui, elle trouve ça romantique.
Première surprise : elle n’a pas les pattes blanches. C’est le dessous de ses pinces qui est pâle. Pour le reste, elle est vert bronze à gris, mesure 9 à 12 cm et n’a pas d’éperon sur la patte qui précède la pince, contrairement à ses cousines américaines.
Le saviez-vous ?
Une grossesse plus longue que la nôtreLa femelle porte ses 20 à 30 œufs collés sous sa queue jusqu’à 9 mois, tout l’hiver. Les petits éclosent entre mi-mai et mi-juillet… et restent accrochés à maman jusqu’à leur deuxième mue.
Elle change d’armurePour grandir, elle quitte sa carapace. Un bébé peut muer jusqu’à sept fois sa première année.
Une pince perdue ? Pas graveElle repousse au fil des mues.
Marche arrière expressEn cas de danger, un coup de queue et elle file à reculons. On a tous connu un équipier comme ça devant un saut.
Pas presséeIl lui faut 2 à 3 ans pour devenir adulte, et elle peut vivre une douzaine d’années.
Une vraie sommelière de l’eauElle ne vit que dans une eau fraîche, stable (13 à 19 °C) et très propre. Si elle est là, c’est que la rivière va bien.
Où la croiser ? Probablement jamais en canyon. Des Alpes du Nord jusqu’aux Alpes du Sud, elle ne vit plus que dans des petits ruisseaux de tête de bassin, tranquilles, souvent nourris par des sources et peu touchés par l’homme. Pas dans nos torrents fougueux, donc. Et elle sort surtout la nuit. Elle n’y survit plus que par petites poches isolées : en Haute-Savoie par exemple, la Fédération de pêche recensait 35 populations en 2004, sur à peine 0,7 % des cours d’eau du département, et 60 % des populations connues avaient déjà disparu. Elle est protégée en France et classée « en danger » au niveau mondial : on regarde, on ne touche pas.
Son pire cauchemar : la peste de l’écrevisse. Une maladie arrivée en Europe au XIXe siècle, mortelle pour presque 100 % des écrevisses autochtones. Les écrevisses américaines la transportent sans en mourir, et ses spores restent dangereuses jusqu’à cinq jours dans l’eau. Elles voyagent aussi sur les bottes, les vêtements… et donc sur nos néoprènes, nos chaussons et nos cordes.
Le bon geste du trimestre : avant de changer de rivière, on rince son matériel et on le laisse sécher complètement. Et si vous tombez sur des écrevisses mortes, ou qui se promènent en plein jour sans réagir, signalez-le à la fédération de pêche du département ou à l’OFB.
À retenir en 3 chiffres
10 °CEn dessous, c’est la saison des amours.
9 moisLe temps qu’elle porte ses œufs.
5 joursLa survie des spores de la peste dans l’eau. Donc on rince, et on fait sécher !
La brochure 2027 est disponible et le calendrier des stages est ouvert. Quelques dates à retenir :
Décembre
Le calendrier de l’Avent de l’ECAEn ligne · plein de surprises
20 → 28 fév.
Séjour Anti-Atlas marocainMaroc · 9 jours
26 → 29 mars
Stage N2 PerfectionnementVerdon
Grosse nouvelle de cette fin d’année : l’application ECA ! Fiches pratiques, vos cours, des vidéos… tout est réuni au même endroit pour réviser entre deux stages. Découvrir l’application
Et cet hiver : pensez aux conférences en ligne réservées aux stagiaires pour garder la main entre deux saisons.
Pour les vieux comme moi qui ont mal au dos, j’ai trouvé LE sac. Fini la corde mouillée qui tire sur les épaules toute la journée !
C’est quoi ? Un sac à corde qui se porte bas, sur les hanches, au lieu d’un sac à dos. La corde est enkitée dedans, prête à sortir au moment du rappel.
Le poids de la corde repose sur les hanches, plus sur le dos.
Plein ou vide, il se serre contre le corps, sangles plaquées à l’extérieur : il reste en place quand on saute ou qu’on nage. Rien à voir avec une banane qui ballotte.
Le filet très drainant vide l’eau plus vite que vous ne sortez d’une vasque glissante.
La corde sort directement du sac au relais.
La ceinture passe par-dessus n’importe quelle combi, se recoupe à sa taille et s’enlève pour en faire un kit classique.
60 mde corde en 8,5 mm
40 m… et il reste de la place pour le goûter !
Pour qui ? Toutes celles et ceux qui portent la corde de l’équipe… et surtout ceux dont le dos commence à grincer.
BélierVotre énergie est au maximum. Laissez quand même passer le dernier du groupe avant de vous jeter dans le toboggan.
TaureauVous tenez à votre néoprène comme à la prunelle de vos yeux. Novembre est le mois idéal pour enfin le rincer à l’eau douce.
GémeauxVous hésitez entre le saut et le rappel. Les astres recommandent : sonder la vasque d’abord.
CancerVotre bidon étanche contient trois couches de vêtements secs et un thermos. Le groupe vous remercie déjà.
LionVous rêvez de la photo parfaite sous la cascade. Pensez à mettre la dragonne de l’appareil.
ViergeVotre corde est lovée au centimètre près. Mercure rétrograde prévoit pourtant un nœud mystère au fond du kit.
BalanceSaut ou rappel ? Corde de 40 ou de 60 ? Vous pesez le pour et le contre depuis vingt minutes en haut de la cascade. Vénus vous conseille de trancher avant que le groupe ne gèle.
ScorpionVous plongez toujours le premier dans la vasque la plus sombre. Mars vous rappelle que « mystérieuse » ne veut pas dire « profonde ».
SagittaireL’aventure vous appelle et vous proposez un « petit raccourci » pour la marche d’approche. Jupiter conseille de garder le topo sous la main.
CapricorneVous grimpez partout comme un bouquetin. Cet hiver, Saturne vous rappelle qu’une main courante, c’est aussi fait pour s’en servir.
VerseauVous avez toujours une idée de génie pour améliorer le nœud du voisin. Uranus suggère de le laisser finir son huit d’abord.
PoissonsVous êtes plus à l’aise dans la vasque que sur le sentier. Neptune vous promet une belle saison… à condition de sortir de l’eau avant la nuit.
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